5 novembre 2018

« J’ai fait le débarquement en Normandie »

Le 11 novembre prochain notre bénéficiaire Jean-Bernard Laborde sera décoré de la Légion d’honneur. Rencontre avec un héros de la Seconde Guerre Mondiale.

« Je suis sûrement le dernier de Bordeaux », s’amuse Jean-Bernard Laborde. À 97 ans, notre bénéficiaire s’apprête à recevoir la Légion d’honneur. Sur la table basse de son salon, il a étalé des coupures de presse de la Libération de Paris en 45. « J’ai fait plusieurs fois la une des journaux avec cette photo où l’on me voit sur une autochenille, tout sourire, raconte M. Laborde. C’est comme ça que mes parents ont su que j’étais encore en vie. »

Monsoeir Laborde sur une autochenille à la libération de Paris.
En 1943, Jean-Bernard Laborde était chimiste à Paris au Conservatoire National des Arts et Métiers. « J’avais 22 ans. Un jour j’ai été averti que je devais partir en Allemagne pour le STO, le travail obligatoire. Il en était hors de question. Mon frère et mon cousin étaient dans le même cas. Alors nous avons fichu le camp ! Sans carte d’identité, ni carte alimentaire. » Le début d’une longue épopée qui les mène jusqu’en Espagne où les trois jeunes hommes tombent dans un piège et se retrouvent emprisonnés pendant 2 mois « dans une cellule avec 11 personnes si petite que nous devions dormir en alternance. » Jean-Bernard Laborde est ensuite transféré dans une autre prison pendant 6 mois :  « Nous mangions des fèves trouées par des charançons, qui trempaient dans un liquide d’huile de palme. La nuit nous étions assaillis pas les punaises. »
Il est finalement relâché et embarque pour Casablanca dans un bateau qui battait pavillon gaulliste. En Afrique du Nord il rejoint l’armée du général Leclerc, échappe de justesse à la typhoïde, puis rejoint in extremis sa division qui embarque à Mers El Kebir près d’Oran. « Il y avait des centaines de paquebots. C’était très impressionnant. Nous avons mis le cap sur Liverpool pour préparer le débarquement en Normandie. Nous étions 16 000 soldats ! » Dans la nuit du 5 au 6 juin, Jean-Bernard Laborde fait partie des hommes qui débarquent sur les plages de Normandie. À 20 km de Paris, il reçoit un coup de canon sur sa mitrailleuse. « J’ai juste eu le temps de sauter de mon engin et j’ai réussi à rejoindre mon escadron. Le lendemain j’ai fait mon entrée dans Paris sur une autochenille. » La Libération.

À aucun moment de notre entretien, la mémoire de M. Laborde n’aura flanché. Chaque détail, chaque nom de ville est bien gravé dans sa mémoire. Il était temps que cet homme reçoive une décoration !

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